Débat sur la peine de mort

Le jeudi 7 avril 2011, Sant’egidio, association internationale qui oeuvre dans l'humanitaire a organisé une conférence-débat sur la peine de mort à l’Université Mahatma Gandhi dans la commune de Ratoma, a assisté Guinéenews.

Cette rencontre a mobilisé dans l’amphithéâtre de cet institut des défenseurs de droits de l’homme, praticiens de droit, professeurs et étudiants…

Deux thèmes étaient au centre des débats, l’un portant sur « la peine de mort dans la société humaine, historique et ses différentes formes d’exécution » était animé par Maître Dinah Sampil- bâtonnier de l’ordre des avocats et l’autre sur ‘’la peine de mort: du moratoire à l’abolition’’ exposé par Dr Saa Pièrre Kondiano de Sant’egidio

Dans son exposé, Me Dinah Sampil a fait savoir que la peine de mort a toujours été et demeure la plus haute sanction dans la nomenclature des châtiments retenus contre les fautifs dans les sociétés humaines anciennes et modernes, considération prise, dit-il, pour son exemplarité qui consistait à exclure définitivement de la société les individus reconnus incorrigibles et dangereux.

Selon le conférencier, l’histoire de l’évolution sociale retient qu’elle a commencé par la vengeance privée. Et pendant longtemps la mise à mort de l’offenseur a été considérée comme une garantie du maintien de l’ordre. « Mais avec l’avènement de l’autorité de l’Etat, l’exercice de la vengeance sera limité pour finalement disparaître progressivement. La procédure pénale sera mise en place pour se maintenir jusqu’à nos jours, non sans avoir été passé par plusieurs cheminements dont le retraçage serait ici fastidieux… »

Pour Me Sampil, seuls désormais seront considérés comme passibles de la peine de mort, les actes portants un préjudice important à la société ou portant une atteinte intolérable aux valeurs morales et sociales reconnues par le groupe…. » Explique –il.

Il a ajouté qu’en République de Guinée, la peine de mort est prévue par les dispositions des articles 14 à 17 du code pénal et appliquée aux actes qualifiés crimes.

Sur sa position par rapport à la peine de mort, le bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée est catégorique « Je suis contre la peine de mort par ce que l’homme est perfectible à l’infini, on peut l’amender. Il y a toujours des raisons qui poussent l’être humain au crime…Il faut une volonté politique pour dissuader les candidats à la délinquance. Et cela passe par la réduction de la pauvreté et la création d’emploi… »

A en croire Me Dinah Sampil, « depuis l’indépendance, aucune nouvelle prison n’a été construite en Guinée. Et le plus souvent, on supprime les toilettes pour agrandir les prisons. C’est absolument inhumain. Ce qui fait d’ailleurs que la Guinée est souvent épinglée par les organisations de droits de l’homme … »
C’est pourquoi, le bâtonnier de l’ordre a mis l’occasion à profit pour inviter l’Etat à investir pour la construction de nouveaux centres de détention pour, dit-il, réduire la pléthore de la population carcérale dans les prisons du pays.

Saa Pierre Kondiano, responsable local de la communauté Sant’egidio, indiquera, pour sa part, que son intervention, loin des arguments juridiques, se veut l’expression d’une vision. Puis que selon lui, « notre société a besoin aujourd’hui, plus qu’hier, d’avoir une vision plus humaine pour poser les bases de la démocratie et du développement dans nos pays. Et cela passe inéluctablement par la protection de la vie humaine…. »

Pour lui, la vie humaine doit être respectée du commencement à sa fin. C’est le sens du travail de sant’egidio pour les pauvres, la défense de la vie de ceux qui sont les plus faibles dans notre société.

« On ne peut rester insensible devant une vie en danger. L’exposition au risque la mort appelle toujours à agir, à défendre pour sauver… » Soutient Dr Saa pierre Kondiano. Avant de préciser que « la lutte contre la criminalité ne peut être efficace que par l’amélioration substantielle des conditions de vie de la population et non l’application de la peine de mort.

« Nous croyons à l’éducation et à la promotion du travail pour les jeunes comme facteur important dans la lutte contre la criminalité. Le risque de criminalité augmente avec le taux de pauvreté et le manque d’éducation civique et morale. Pas de justice sans vie. La peine de mort est une sentence de ôter la vie au nom de la loi. Cependant la justice ne devrait pas utiliser la violence. Elle doit être transformatrice de l’homme… » A t–il confié.

Il a enfin souligné que la peine de mort ne favorise en rien l’augmentation de la criminalité dans une société. Au contraire elle favorise l’accentuation de la culture de la vie et augmente l’autorité de l’Etat. « Un état fort est celui qui est capable de garantir la sécurité de ses citoyens. C’est pourquoi, ajoute t-il, l’Etat doit lutter contre la violence et l’insécurité.

A noter qu’au moins 2390 personnes ont été exécutées dans 25 pays en 2008 et au moins 8864 personnes ont été condamnées à mort dans 52 pays du monde. La décapitation, l’électrocution, la pendaison, l’injection létale, le passage par les armes et la lapidation ont été utilisés comme méthode d’exécution. Et les Etats ayant affiché le plus grand nombre d’exécutions sont la Chine (au moins 1718 cas), devant l’Iran au moins 346, l’Arabie saoudite (au moins 102) et les Etats-Unis 37. On évalue encore à 10.000 le nombre d’exécutions par an dans le monde…

Sant’egidio est devenu, au fil des années, un acteur mondial dans la bataille en faveur d’un moratoire universel sur la peine de mort et son abolition dans le monde.


Mamadou Bailo Barry
Conakry,Guinée
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